La chasse aux aurores boréales

Bien sûr, la région de Kamouraska ne se trouve pas aux mêmes latitudes que le Nunavut, mais on peut quand même y admirer de magnifiques aurores boréales. Trucs, astuces et tuyaux pour mieux les repérer et les photographier.

En dépit de sa position géographique, le Bas-Saint-Laurent est suffisamment au nord pour qu’il y soit possible de voir des aurores, et ce, plusieurs nuits chaque année. D’autant plus que la région compte plusieurs endroits éloignés des sources de pollution lumineuse.

Il faut de la patience et de la chance pour pouvoir observer une aurore. Par conséquent, la première qualité du chasseur d’aurores est la ténacité. Il doit continuer à espérer et demeurer à l’affût, car le spectacle qui prendra place dans le ciel restera gravé à tout jamais dans sa mémoire.

Qu’est-ce qu’une aurore ?

Une aurore se forme quand des particules électriques émises par le soleil s’entrechoquent avec les gaz des strates supérieures de l’atmosphère terrestre. Ces collisions génèrent alors d’innombrables éclats lumineux qui remplissent une partie du ciel de reflets verts ou rouges. Ces enfilades de petites lueurs apparaissent et disparaissent en séquence, donnant l’impression que l’aurore se déplace dans le firmament.

Ce jeu des particules (électrons et protons) avec les composants de l’atmosphère est limité par le champ magnétique terrestre. Celui-ci crée, autour de la planète, un bouclier qui nous protège des vents solaires.

 

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Aurores boréales vues de la rive sud du fleuve

Mais la forme du champ magnétique ne repousse pas la totalité des particules électriques ; elle permet le développement d’ovales auroraux au-dessus des pôles magnétiques Nord et Sud. La plupart du temps, ces aurores ne sont visibles qu’aux yeux de ceux qui vivent aux latitudes les plus élevées du globe.

Toutefois, lorsque l’activité solaire augmente, les ovales s’agrandissent. C’est durant ces périodes d’effervescence électrique qu’on a le plus de chance d’apercevoir des aurores dans la région du Kamouraska.

Tuyaux pour la chasse aux aurores

Rester à sa fenêtre toutes les nuits ne constitue pas la meilleure stratégie pour apercevoir une aurore. Il est nettement préférable de mettre toutes les chances de son côté, en vérifiant d’abord la présence de tempêtes solaires ou de vents de particules électriques plus puissants qu’à la normale.

Pour se renseigner sur le degré d’hyperactivité du soleil, il faut se fier aux organismes scientifiques et gouvernementaux qui surveillent notre étoile en continu. Ceux-ci ont développé des outils qui permettent d’estimer la probabilité d’apercevoir le phénomène dans notre région.

Parmi les sources les plus utiles, on retrouve le site américain du Space Weather Prediction Center de la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) et la page Météo Spatiale Canada du gouvernement canadien.

Cependant, la meilleure façon de rester à l’affût des aurores est de s’inscrire gratuitement à la liste d’envoi de courriels de Dominic Cantin, un photographe québécois passionné par ce phénomène. Vous recevrez une alerte chaque fois qu’il est possible que l’ovale d’aurores atteigne le sud du Québec. On peut y adhérer en acheminant un courrier électronique vierge à : alerteauxaurores-subscribe@groupesyahoo.ca. On peut également s’abonner à la page Facebook Aurores boréales du Québec.

Photographier une aurore boréale

La photo de nuit est un art difficile, mais qui — une fois maîtrisé — procure de grandes satisfactions. Capter des aurores boréales sur un écran n’échappe pas à cette règle. Cela exige de la pratique, ainsi qu’un équipement un peu plus complexe et performant que la moyenne. Que le chasseur d’aurores se rassure : les résultats obtenus en vaudront largement la peine. La qualité des appareils photo modernes fait en sorte que les aurores captées y sont mieux reproduites que lorsqu’on les observe à l’œil nu.

Aurores boréales photographiées au Cap Taché, à Kamouraska

Aurores boréales photographiées au Cap Taché, à Kamouraska

 

La photographie nocturne est une affaire d’essais et d’erreurs ; il ne faut donc pas hésiter à expérimenter et à prendre beaucoup de clichés. C’est finalement votre meilleure assurance pour trouver une bonne image dans le lot.

Quelques règles peuvent servir de point de départ :

  • Utiliser un trépied solide ;
  • Choisir un objectif grand-angle ;
  • Ajuster la mise au point à « infini » ;
  • Ouvrir le diaphragme optique au maximum (par exemple, f/2,8 ou f/3,5) ;
  • Expérimenter avec plusieurs longues durées d’exposition (de 10 à 30 secondes).

Vous êtes maintenant prêt pour partir en safari-photo ! Il ne reste plus qu’à vous recommander de vous habiller chaudement (les nuits sont fraîches au Bas-Saint-Laurent) et d’apporter une lampe de poche pour retrouver votre chemin de retour.

La chasse aux aurores est ouverte !

Texte et photos : Pierre Giard, 2016

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